Skip to main content

Réflexion

Concernant:
L'adoration eucharistique

Le catéchisme de l'Église catholique au no 2628  présente l'adoration comme «la première attitude de l'homme  qui se reconnaît créature devant son créateur. Elle (l'adoration) exalte la grandeur du Seigneur qui nous a faits et la Tout-Puissance du Sauveur qui nous libère du mal. Elle (l'adoration) est le prolongement de l'esprit devant le «Roi de gloire» et le silence respectueux face au Dieu « toujours plus grand » . L'adoration du Dieu trois fois saint et souverainement aimable confond d'humilité et donne assurance à nos supplications.»
Le Cardinal Ouellet, dans son document intitulé  L'adoration eucharistique, nous donne d'abord un aperçu de la tradition de l'adoration eucharistique, puis il nous explique les fondements théologiques de l'adoration  comme participation à l'amour trinitaire, comme partie intégrante de la célébration du mémorial eucharistique  et enfin comme  le  prolongement de la messe.
Le Cardinal cite Benoît XVI dans son Exhortation postsynodale Sacramentum Caritatis : qui écrit que «L'adoration eucharistique n'est rien d'autre que le développement explicite de la célébration eucharistique, qui est en elle-même le plus grand acte d'adoration de l'Église».
Le Cardinal poursuit en disant que « les orientations pastorales de l'Église latine en regard de l'adoration eucharistique ne laissent aucun doute quant à la valeur permanente de cette pratique même après la réforme liturgique du concile Vatican II. Que ce soit pendant la célébration ou dans le prolongement de celle-ci, l'adoration eucharistique exprime l'émerveillement, la reconnaissance et surtout l'amour de l'Église envers le Christ qui se donne à elle sous cette forme sacramentelle par excellence. Cet amour culmine dans l'adoration inhérente à la communion eucharistique, où est signifiée et vécue la participation de l'Église à la communion trinitaire.»  Le Cardinal poursuit en citant à nouveau  Sacramentum Caritatis de Benoît XVI :  «Recevoir l'Eucharistie signifie se mettre en attitude d'adoration envers Celui que nous recevons. C'est ainsi, et seulement ainsi, que nous devenons un seul être avec Lui et que nous goûtons par avance, d'une certaine façon, la beauté de la liturgie céleste. L'acte d'adoration en dehors de la messe prolonge et intensifie ce qui est réalisé durant la célébration liturgique elle-même».
«La tradition de l'adoration eucharistique, souligne le Cardinal Ouellet, s'enracine dans l'expérience de la révélation biblique notamment à travers le témoignage de Moïse lors de l'épisode du Buisson ardent sur la montagne» de l'Horeb.

«Chez les Pères de l'Église, poursuit le Cardinal, les prémices de l'adoration eucharistique se trouvent dans leur sens aigu de la présence réelle du Christ dans l'Eucharistie».
Toujours selon le Cardinal, au Moyen-âge, se produit un approfondissement de la doctrine de la présence réelle du Christ dans le sacrement et se diffuse la dévotion à l'Eucharistie.
Plus tard, à  l'époque moderne, les pratiques de la dévotion eucharistique comme la visite au saint sacrement et l'exposition du saint sacrement  se répandent grâces aux témoignages des saints et de l'enseignement des auteurs spirituels ainsi qu'avec l'appui de l'Église.
Le Cardinal Ouellet conclu son «survol de la tradition de l'adoration eucharistique en affirmant que celle-ci plonge ses racines dans la Sainte Écriture et dans la continuité de la foi de l'Église en la présence réelle du Christ dans la Sainte eucharistie». Il poursuit en disant que « les orientations pastorales réitérées de l'Église, en de nombreux documents, au long des siècles et depuis le Concile Vatican II, confirment le bien-fondé de cette pratique qui exprime la continuité et l'approfondissement de la conscience eucharistique de l'Église».
«L'adoration eucharistique, affirme le Cardinal, est participation à l'amour trinitaire parce que chaque baptisé est incorporé au corps mystique du Christ». -  Par le baptême, dit saint Josemaria, Dieu notre Père a pris possession de notre vie, nous a incorporés à celle du Christ et nous a envoyé le Saint-Esprit. -  Parlant de la communion eucharistique, dans une récente catéchèse, Benoît XVI a dit que : « Tandis que l’aliment est assimilé pour l’entretien du corps, l’Eucharistie produit un effet inverse. C’est nous qui sommes assimilés pour devenir conformes au Christ et membres de son corps. Ceci est décisif car par la communion eucharistique, Il nous assimile en Lui. Notre individualité est ainsi libérée et insérée à Sa personne, elle même immergée dans la communion trinitaire. »
Alors, on peut comprendre que  l'adoration consiste véritablement en «une participation à l'obéissance d'amour du Fils incarné qui rend à son Père un culte d'adoration dans l'unité du Saint-Esprit».
L'adoration eucharistique est partie intégrante de la célébration de la messe. Comme l'affirme Benoît XVI dans l'exhortation apostolique Sacramentum Caritatis, «le plus grand acte d'adoration de l'Église est la célébration de l'Eucharistie, car dans l'ensemble, les paroles et les gestes de la célébration pointent vers la glorification du Père,  par Jésus-Christ, dans l'unité du Saint-Esprit».
Lors de  la solennité du Corpus Domini, la ''fête de l'Eucharistie'',   Benoît XVI  a dit que « l'Eucharistie constitue "le trésor le plus précieux de l'Église". "L'Eucharistie est comme le cœur battant qui donne vie à tout le corps mystique de l'Église: un organisme social totalement basé sur le lien spirituel mais concret avec le Christ... Sans l'Eucharistie, l'Église n'existerait pas. En fait, c'est l'eucharistie qui fait d'une communauté humaine un mystère de communion capable d'apporter Dieu au monde et le monde à Dieu. L'Esprit Saint qui transforme le pain et le vin en Corps et Sang du Christ, transforme aussi ceux qui les reçoivent avec foi comme membre du corps du Christ, de sorte que l'Église est réellement un sacrement d'unité des hommes avec Dieu et entre eux ».

L'adoration eucharistique se vit et se réalise  dans le prolongement de la célébration du Saint Sacrifice de la Messe.
Le Cardinal nous dit que « l'adoration eucharistique en dehors de la messe capte pour ainsi dire dans la durée les rayons du Christ, Lumière du monde, qui émane de l'ostensoir pour se réfracter tel un kaléidoscope dans la présence divine du tabernacle, l'exposition du saint sacrement, la bénédiction, les processions, et même les œuvres d'évangélisation». Il ajoute que «l'adoration perpétuelle de la présence réelle du Christ dans l'Eucharistie rappelle sans cesse aux fidèles le mémorial  de la croix; elle témoigne de sa victoire et polarise comme un aimant toutes les aspirations, les désirs, les tensions, les échecs et les souffrances de l'humanité».
Le pape Jean-Paul II écrivait dans la Lettre Dominicae Cenae que  «L'Église et le monde ont grand besoin du culte eucharistique. Jésus nous attend dans ce sacrement de l'amour. Ne mesurons pas notre temps pour aller le rencontrer dans l'adoration, dans la contemplation pleine de foi et prête à réparer les grandes fautes et les grands délits du monde. Que notre adoration ne cesse jamais».
Il écrivait aussi dans  sa Lettre encyclique Ecclesia de Eucharistia, : « Mettons-nous surtout à l'écoute de la très sainte Vierge Marie en qui, plus qu'en quiconque, le Mystère de l'Eucharistie resplendit comme mystère lumineux. En nous tournant vers elle, nous connaissons la force transformante de l'Eucharistie. (…) En la contemplant, elle qui est montée au Ciel avec son corps et son âme, nous découvrons quelque chose des «cieux nouveaux» et de «la terre nouvelle» qui s'ouvriront à nos yeux avec le retour du Christ. L'Eucharistie en est ici-bas le gage et d'une certaine manière l'anticipation.».